Un traumatisme transgénérationnel
Triptyque 1

"J'ai été frappé par l’ouverture et la liberté de regard de Jean* sur la Turquie. Enfin j'entendais quelqu'un me dire : " Je rêve de voir la jeunesse turque et arménienne se mettre autour d'une même table pour tracer des voies de réconciliation pour bâtir ensemble l'avenir." » Hrant Dink, journaliste et écrivain turc d'origine arménien 1954 - 2007 - *Jean Kéhayan, journaliste et écrivain français d'origine arménienne.
Nous portons en nous une cicatrice invisible, enfouie au plus profond de nos entrailles : un traumatisme transgénérationnel.
Beaucoup n’ont pas hérité du nom de leurs ancêtres. Certains ont pu retracer une part de leur histoire, comprendre d’où ils viennent. D’autres avancent dans le silence et l’incertitude, avec des origines qui se révèlent tardivement, marquées par les traces d’un passé meurtri.
Histoires incomplètes — origines fragmentées — lignées interrompues.
Puis l’Histoire a recommencé : la guerre, la perte.
Terres vidées — corps déplacés — effacement.
Les États se figent. Les conflits s’enlisent. Les discours se répètent.
Refuser le déni, nommer, transmettre. Car nous sommes vivants.

