Tamar Sarkissian

Un Traumatisme transgénérationnel

Triptyque 1

Nous portons en nous une cicatrice invisible, enfouie au plus profond de nos entrailles : un traumatisme transgénérationnel.

Le génocide des Arméniens de 1915-1916, perpétré par le gouvernement des Jeunes-Turcs de l’Empire ottoman, a ouvert une fracture qui traverse encore les générations. Une histoire marquée par l’exil, la disparition, la dispersion des familles et le silence imposé aux survivants.

Certains n’ont pas hérité du nom de leurs ancêtres. D’autres ont grandi avec des fragments d’histoires, des souvenirs transmis à voix basse, des traces dispersées à travers les continents. Il y a ceux qui ont pu retrouver une part de leur origine, et ceux qui avancent encore dans l’incertitude, à la recherche d’une mémoire interrompue.

Histoires incomplètes ; origines fragmentées ; lignées interrompues.

Puis l’Histoire a continué de se répéter : la guerre, la perte, l’effacement.

Terres quittées ; corps déplacés ; identités dispersées.

Les États se figent. Les conflits s’enlisent. Les discours se répètent.

Face au silence, choisir de nommer.
Face à l’oubli, choisir de transmettre.

Car une mémoire qui survit est une mémoire vivante.

Car nous sommes vivants.